Le sol comme pont entre pratique agricole, sciences et durabilité

Soirée de présentation des résultats du projet Terres Vivantes, 28 août 2025, sur une exploitation agricole ayant participé au projet.

Le projet Terres Vivantes a été un des prémisses à la création du CEDD-Agro-Eco-Clim par l’implication de chercheur-euse-s de l’UniNE dans un projet porté par la FRI et en collaboration directe avec des agriculteurs-trices du Jura et Jura bernois. Le suivi scientifique du projet Terres Vivantes a été interdisciplinaire dès les premiers pas. Il s’est agi de suivre les évolutions des sols sous leurs diverses facettes dans les exploitations agricoles engagés dans le projet : structure des sols suivies par HEPIA et Agroscope, vie dans et sur les sols documentée par le Laboratoire d’écologie fonctionnelle de l’UniNE (vers-de-terre) et Envi-bio-sol (carabes) et dimension socio-culturelle pour saisir aussi des sols vivants comme les résultats de collaborations réussies, entre agriculteurs-trices, conseillers-ères et scientifiques.

Le 28 aout dernier, l’équipe du projet à présenter ses principaux résultats à la presse et aux agriculteurs-trices impliqué-e-s.

Le dialogue entre recherche et pratique agricole a été au cœur du projet depuis ses débuts. Scientifiques et agriculteurs-trices ont pu interagir régulièrement sur le terrain et lors des activités et animations du projet. Les agriculteurs-trices ont aussi été mis à contribution pour la recherche, dans une démarche de sciences citoyenne dans la collecte des données. Ceci a notamment permis de réaliser l’une des plus grandes campagnes de capture de carabes en milieu agricole, pour la Suisse et même l’Europe, avec plus de 36’000 carabes capturés et ainsi d’identifier des espèces encore jamais observées dans le Jura ou en Suisse.

En synthèses, les principaux résultats scientifiques du projet Terres Vivantes montrent que les pratiques promue dans le projet ont un effet positif transversal pour des sols vivants : le travail mécanique réduit, l’apport de matière organique par le fumier composté ou des couverts d’intercultures broyés et la présence de végétation en continu non seulement renforcent la fertilité, la qualité et la résilience du sol, mais sont aussi favorable à la vie avec des impacts positifs tant pour les vers-de-terre que les carabes.

Le projet Terres Vivantes voulait nous faire prendre soin des sols agricoles jurassiens et de la vie qu’ils produisent et hébergent. Le suivi qualité de la structure des sols permet de confirmer une amélioration générale. Et l’évolution positive est aussi à cherche du côté humain. Au sortir du projet, les agriculteurs se sont dit mieux équipés pour évaluer l’état de leurs sols et valorisent pour la plupart les gains en connaissances qu’ils ont obtenus.

En conclusion, le suivi scientifique permet de confirmer que le projet Terres Vivantes a travaillé dans la bonne direction pour renforcer l’attention et le soin portés aux sols agricoles, mais il met aussi en évidence que ceci demande des efforts importants qui doivent aussi être soutenus par les autres acteurs du système agricole et alimentaire.

Auteur de l'article

Jérémie Forney

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